« Abécédaire du féminisme » by Leslon M.

Leslon M., expatriée au Canada, nous parle du livre de Marie-Louise Arsenault et Noémie Désilets-Courteau : “Abécédaire du féminisme“. Un recueil de 25 histoires dissonantes sur le féminisme !

Je l’avoue, j’ai emprunté ce livre uniquement pour son nom. Et puis quand j’ai vu qu’il était construit d’une suite de chroniques radio diffusées dans l’émission Plus on est de fous, plus on lit !, sur Radio-Canada, ça m’a conforté dans mon idée que j’allais apprendre des trucs.
Et j’en ai appris. Le livre est très canado-canadien, mais certains segments sont assez universels. C’est pourquoi je me suis dit que je pouvais peut-être vous les partager.

On commence par l’inévitable chapitre “Épilation”
Évidemment, ça commence par des chiffres que l’on a déjà vus un peu partout. «Une femme passera en moyenne 58 jours de sa vie à s’épiler», ce qui correspondrait à une dépense de 10 000$ à 23 000$ (soit entre 6 600€ et 15 200€). Mais ce qui est intéressant c’est de voir un peu d’où ça vient, l’épilation. Le livre indique qu’en Égypte Ancienne les poils étaient symbole d’animalité, ils étaient considérés comme impures et donc retirés.
Les Grecs et les Romains de l’Antiquité aussi s’épilaient. Et puis l’épilation est un peu tombée aux oubliettes jusqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale où la mode du court a poussé les femmes à, à nouveau, retirer leurs poils.

G. Comme le point du même nom
Hormis le fait que personne n’a su affirmer de manière claire où est ce fameux point G, on apprend qu’il peut s’avérer néfaste. La notion de point G «entrainerait de l’anxiété, de la culpabilité et de la frustration chez bien des femmes».
Sachez que «83% des femmes pratiquent fréquemment la pénétration vaginale même si cette méthode permet d’atteindre l’orgasme facilement chez seulement 28 d’entre elles».
A bon entendeur.

Honneur, pour “crime d’honneur”
«On estime que 5 000 femmes et filles sont assassinées annuellement dans le monde pour avoir déshonoré leur famille, sans avoir pu se défendre au préalable». Et c’est une estimation.
Comme comportements jugés déshonorants, le livre répertorie les relations sexuelles avant le mariage ou hors mariage, le refus de se plier aux codes de la famille (refuser de porter le hidjab, ou fréquenter un garçon que la famille n’approuve pas) et même avoir été violée…

Jupe-culotte, l’histoire d’une petite révolution
Historiquement, les hommes portent des «vêtements pratiques», alors que ceux des femmes les restreignent dans leurs mouvements. «Le pantalon symbolise le pouvoir et la jupe, quelque chose comme l’accessibilité au sexe féminin».
Mais, la jupe-culotte fait son apparition, en 1890. Elle permet aux femmes de faire du vélo. Puis elle a fait son chemin et la mode s’est emparée d’elle.
Sachez pour l’anecdote, que jusqu’en 2013, une vieille loi interdisait encore aux Parisiennes de porter des pantalons…

Jouissance
77% des femmes ne connaissent pas l’orgasme avant l’âge de 25 ans.
15% des femmes n’en auront jamais.
Et puis il y a ces femmes qui n’ont aucune jouissance parce qu’elles ont été mutilées. On pense notamment à l’excision qui consiste à l’ablation du capuchon clitoridien voire du clitoris externe en entier. Aussi appelée clitoridectomie. Mais il existe aussi l’infibulation. Soit «la suture de la majeure partie des grandes ou des petites lèvres de la vulve, ne laissant qu’une petite ouverture pour que l’urine et les menstruations puissent s’écouler. Elle est habituellement pratiquée sur une adolescente prépubère dans le but de lui empêcher tout rapport sexuel vaginal».
Chaque année, entre 2 à 3 millions de filles subiraient des mutilations sexuelles. Ça calme.

Rémunération. Le nerf de la guerre. Les sous.
Les femmes gagnent en moyenne 10 000$ (6 600€) de moins que les hommes (par an). Mais au-delà de l’écart salarial, le livre se penche sur le travail abattu par la femme et qui n’est pas rémunéré, à savoir les tâches ménagères. Si le parent au foyer (homme ou femme, mais généralement ce sont les femmes) était payé, il gagnerait 152 000$ par an (100 400€).
Si certains militent alors pour que le travail ménager soit assorti d’un salaire, la majorité préfère encore demander un meilleur partage des tâches.

Sang. Et le mot qui fait peur : règles

La science a mis du temps avant d’expliquer ce qu’étaient les règles. Et même de nos jours, alors qu’on sait ce qu’elles sont, les règles trainent leur lot de superstitions. Une femme qui a ses règles fera tourner le vin, le miel et ratera sa mayonnaise. Un enfant conçu pendant les règles naîtrait difforme ou lépreux, ou roux.
Globalement, aujourd’hui ça va quand même mieux. Les femmes peuvent faire des trucs quand elles ont leurs règles (alors qu’avant elles étaient cloitrées). A en croire les publicités, elles ne sont d’ailleurs jamais aussi actives que quand elles sont menstruées. Mais, il y a un mais : on n’est pas encore prêt à faire l’amour avec ses règles. Le jour viendra…

“Abécédaire du féminisme” par son éditeur :

L’équipe de Plus on est de fous, plus on lit! a mis sur pied en 2013, un segment baptisé L’abécédaire du féminisme, dans le but de produire un discours dissonant face à celui qui dominait à l’époque. Portées par un élan volontaire, l’équipe a réuni sur leur plateau des femmes de toutes les générations et de milieu culturels différents, des journalistes, des militantes, des étudiantes, des politiciennes et des auteures, en leur demandant de choisir des personnages d’origine canadienne et des concepts ou des idées reliés au féminisme, en souhaitant que la multiplicité de leurs regards compose une vision bigarrée et pertinente. Au cours de l’exercice, des thèmes ont émergé : le sort des femmes autochtones du Canada, les diktats de la mode et l’énorme pression imposée par l’implacable industrie de la beauté, la sexualité et la maternité à l’époque de la performance, les tensions reliées à la conciliation travail-famille. Le segment radiophonique fait maintenant le saut sous la forme d’un livre joliment illustré en conservant le ton souvent joyeux emprunté par les 25 femmes (et l’homme !) invitées à participer à l’exercice radio.

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